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Guillaume Dezaunay, 2023
Magnifique livre puissant et liberateur qui propose une lecture politique de l’Évangile tellement indispensable. J’ai particulièrement apprécié la relecture de certaines paraboles qui m’ont toujours parues très obscures : la parabole de l’intendant malhonnête qui annule les dettes, celle des ouvriers de la onzième heure, et la parabole des talents.
Je recommande chaleureusement cette lecture à celles et ceux qui ont encore un peu de foi et qui ont besoin d’espoir face à la droitisation de l’Eglise.
Une fois n’est pas coutume, j’aimerais partager ici un extrait de ce livre, l’épilogue qui est une prière.
Je prie le Christ rouge.
Le Christ rouge de colère, pas le Christ blond pastel. Le Christ conflictuel, pas le Christ en tunique rose. Le Christ doux avec les fragiles et dur avec les puissants. Le Christ dont la paix ne se fonde pas sur la passive acceptation de la fatalité mais sur la lutte pour la justice. Le Christ agitateur et dénué de peur.Le Christ rouge de sang, comme tous les prophètes dont les cris contre l’injustice finissent par susciter la haine des privilégiés et la violence de ceux qui sentent souffler le vent de leur expropriation imminente. Le Christ tué comme Socrate, Martin Luther King, Malcolm X et Óscar Romero, comme tous les bienfaiteurs accusés de toutes les corruptions par les jaloux et les effrayés.
Le Christ peau-rouge, du côté des expropriés, du côté du partage de la Terre, le Christ des tribus amazoniennes contre l’appropriation des sols par les colons, le Christ des petites gens contre la transformation du pouvoir en domination et de l’argent en dieu.
Le Christ au drapeau rouge, le Christ des prolétaires, palestinien communiste proclamant pour maintenant la fraternité internationale, l’option préférentielle pour les pauvres, l’élévation des humbles et l’abaissement des puissants.
Le Christ rouge de honte, devant ce qui est fait de la Loi et des Prophètes, devant ce qui est fait de l’Évangile, transformé en son antithèse, en arme iden-titaire, en justification de l’entre-soi, en légitimation du mépris et du privilège exclusif.Le Christ au cœur rouge, l’amoureux du genre humain, le Christ qui veut voir flamber le feu de la justice, le Christ qui voit les invisibles et qui chérit les mal-aimés, le Christ qui ne veut pas qu’un seul soit perdu et tient à ce que tous soient sauvés.
Je prie le Christ rouge, image visible du Dieu invisible, de vider mon cœur de son avarice et de sa convoitise et de le remplir de bonté.